J'ai été l'un de ces hommes, je suis l'un de ces hommes. J'ai voulu baisser les bras, à maintes et maintes reprises. L'épanouissement en pleine extinction. En ce moment je suis dans le cours de l'une de ces crises. Pourquoi ne pas tout arrêter ? Pourquoi ne pas s'éteindre et passer au repos définitivement ? Voila ce à quoi je pense. Donc j'écris pour me soulager, car en cet instant je n'ai pas envie d'aller me coucher. Sans doute demain en lisant ce texte je l'effacerai car je l'aurai trouvé ridicule, mais peu m'importe. Je suis tombé du ciel comme un ange déchu, bien que ange je n'aie jamais été, plutôt diablotin, genre qui ne pense qu'à lui je dirai, mais l'ange comme le diable n'en peuvent plus. Ras-le-bol de tout ceci. Philippe Labro en parlera à sa façon dans "Tomber sept fois se relever huit", moi j'en parlerai à ma façon sur ce qui me touche et ce qui me parle au plus profond de mon âme. Ici pas de belle phrase. Rien à foutre de la belle littérature et de ces culs terreux de prix nobel. Moi j'écris comme je parle, car ici rien ne sert de savoir écrire comme il faut pour partager ce sentiment.
La dépression n'a pas de littérature. Elle n'a même pas d'état d'âme. Alors les jolis mots elle n'en a que faire. Elle vous prend au hasard. Elle vous mutile jusqu'à vous ronger les os. Et une fois que vous êtes dans la faiblesse absolue, elle vous broie de sa noirceur jusqu'à ce que vous cédiez à la compassion de mettre un terme à votre vie. Et oui, elle est comme ça. La dépression n'a pas de pitié. Pas de scrupule. Elle n'en a que faire de vos envies et de vos désirs, car seul le désir de vous voir six pieds sous terre l'intéresse.
Pourquoi j'écris tout cela me direz vous. Et bien parce qu'en ce moment-même cet état me mutile. Il me noie dans l'indécision. Une petite voix vers la raison. Et une autre voix vers une lame à trancher dans le vif. Le souci étant de savoir que faire, de savoir qui écouter.
Partage ma peine et mon désarroi au son de ma supplique
J'emphase dans ta noirceur ma détresse rhétorique
Or serais-je à la hauteur de cette humeur machiavélique ?

